EXPERIENCES & PARTAGE :MOHAMED ABDULHAMIDE

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Ancien Ministre d'Etat au Développement rural

Ancien Directeur de l'Office des Examens et Concours

Ancien Proviseur du Lycée Said Mohamed Cheikh
Enseignant et Directeur général des Enseignements.

DEVELOPPEMENT RURAL

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Mot du Ministre  

Bienvenue sur le site de l'ancien Ministre d'Etat chargé du Développement, de la pêche, de l'environnement et de l'artisanat de l'Union des Comores, et actuel Directeur de l'Enseignement.


UNION DES COMORES.
Unité – Solidarité - Développement.
______________________

MINISTERE D’ETAT, DU DEVELOPPEMENT RURAL, DE LA PECHE, DE

L’ARTISANAT ET DE L’ENVIRONNEMENT

PROJET DE RESTRUCTURATION DU CENTRE NATIONAL DE  L’ARTISANAT COMORIEN-CNAC

 

I. CONTEXTE ET JUSTIFICATION

Il est important de rappeler que le CNAC a été créé le 7 mars 1995. c’est une institution publique dotée de la personnalité morale et qui jouit de l’autonomie administrative, financière et de gestion. Il a pour mission de :

  1. Mettre en œuvre la politique et la stratégie nationale en matière de développement artisanal ;
  2. Promouvoir l’accroissement, la diversification de la production artisanale et l’amélioration de la qualité des produits artisanaux ;
  3. Encourager la commercialisation des produits artisanaux.
  4. Stimuler la créativité par la recherche, l’innovation, la valorisation des savoir-faire traditionnels ;
  5. Assurer la formation initiale et continue des artisans ;
  6. Favoriser la concertation et l’information des responsables artisanaux.

Le CNAC relève, au même titre que les autres directions nationales du MDRPAE, du Secrétariat Général du dit Département.

Face à la faiblesse structurelle de l’industrie du pays, l’artisanat se présente comme une composante vitale de l’économie nationale. Il joue, au même titre que les micro-entreprises, un rôle important et contribue à dynamiser l’activité économique au travers des activités génératrices d’emplois et de revenus. Il participe à la diversification économique et constitue une source potentielle de devises.
L’activité artisanale est pour cela  indispensable à la relance économique et peut contribuer à réduire la dépendance technologique étrangère. Le secteur met donc en évidence sa capacité d’adaptation face à un environnement défavorable.
La contribution de l’artisanat au PIB est dérisoire (0,4 %), les actions entreprises dans le secteur n’ayant pas été  à la hauteur des attentes..

Les points forts de l’artisanat comorien sont :

  1. Le travail du bois sculpté ;
  2. La bijouterie traditionnelle ;
  3. La poterie ;
  4. La vannerie ;
  5. La broderie.

Deux types d’artisanat coexistent à savoir :

  1. Un artisanat haut de gamme, destiné à un marché national aisé et tourné vers le marché des grands mariages, la consommation somptuaire et ostentatoire propre aux grandes fêtes ;

Un artisanat populaire réalisé par les paysans et citadins. Il intéresse surtout le marché touristique : vannerie, poterie, tabletterie, petite confection et broderie.

L’artisanat touristique et artistique est très limité aux Comores malgré l’existence du CNAC et de quelques magasins d’artisanat local. La mise en place du CNAC a offert aux artisans la possibilité d’écouler leurs produits mais il s’agit d’une action très limitée à impact restreint.

Par ailleurs, il y a lieu de souligner que le talent que recèle l’artisanat comorien est menacé de disparition en raison d’un environnement défavorable persistant et de l’absence de plans et de stratégies de formation appropriés.

Voir l'organigramme en vigueur

Le statut de l’établissement ne confère pas l’autonomie opérationnelle suffisante pour mener à bien la mission définie plus haut. En effet, le Centre fonctionne en réalité comme un service public étroitement lié à la gouvernance du Ministère de tutelle. Les programmes et l’état d’avancement de leur mise en œuvre ainsi que le recrutement du personnel  notamment cadre tombent sous le contrôle direct du Ministère. Les marges de manœuvre de la Direction en matière de recrutement et de révocation sont très limitées. Dans ces conditions certains agents peuvent la court-circuiter.
Cela étouffe les initiatives et la force créative et novatrice de la maison et contribue ainsi à freiner l’essor de l’artisanat comorien. Ce constat est très préoccupant pour un secteur dont la clientèle essentiellement constituée par des touristes s’avère trop exigeante en matière de qualité et de régularité des produits  artisanaux. Cette situation est aussi une source d’inquiétude puisque le développement du secteur serait un bon signe pour l’industrialisation du pays.

Il ressort qu’à après examen des postes prévus, la question de la recherche artisanale n’est pas prise en compte dans le fonctionnement opérationnel de l’institution. Or l’absence de recherche dans ce domaine favorise la disparition du patrimoine et du savoir faire artisanaux. Le problème est très grave car c’est la culture et la civilisation comoriennes qui risqueraient d’être mises en cause. En outre, même si l’amélioration de la qualité des produits artisanaux est un point central dans le cadre du mandat du CNAC, ce souci n’apparaît pas dans aucune des attributions dévolues aux Chefs de Département. Cette problématique mérite une attention toute particulière dans ce contexte mondial d’ouverture de frontières.

Il n’existe pas de poste de nature à faciliter la définition et l’élaboration de la politique, des stratégies et programmes de développement artisanal. De même, aucun mécanisme de suivi de l’état d’avancement des politiques et programmes n’est prévu. Il n’est donc pas facile de mesurer le chemin parcouru et de mettre à jour les obstacles majeurs. La tendance a été donc une sorte de navigation à vue corrigée par le MDRPAE à titre de mesures chirurgicales.

A Part la fonction spécifique de promotion commerciale, il n’existe pas de service d’information et de communication chargé d’expliquer régulièrement au public la démarche et les résultats obtenus en vue d’une meilleure lisibilité de l action du Centre. Dans ce contexte, la fonction de sensibilisation de nature à susciter l’intérêt pour l’activité artisanale et la  préservation du savoir faire artisanal n’est pas remplie.

L’existence d’un Département Technique soit disant chargé, entre autres, de la coordination des autres départements techniques n’a pas sa raison d’être. C’est une surcharge vraiment inutile car il s’agit d’un double emploi par rapport à la fonction de coordination et de supervision reléguée au Directeur Général du Centre.

La définition des profils des postes est incomplète en ce sens que la qualification n’est pas  spécifiée. Par conséquent, des agents n’ayant pas le niveau d’éducation adéquat sont admis au Centre. Dès lors, ce dernier emploie un personnel qui n’a pas l’outillage technique de base requis pour faire face aux attributions respectives.
D’ailleurs, les postes purement techniques sont présentement occupés par des personnes de niveau BTS et dont la formation n’a aucun rapport avec le profil requis. Secoués par le suivi rigoureux du Ministère, deux d’entre elles ont préféré quitté le Centre.
Il est clair que, dans ces conditions, les activités sont au point mort. Les artisans eux-mêmes ont coupé le pont du partenariat. L’artisanat national s’enlise donc dans l’impasse et l’image de la maison se détériore, et ce malgré les investissements réalisés en sa faveur par le Gouvernement avec le concours de l’Union Européenne.

De même, il manque de lisibilité pour la définition du profil concernant les postes de directeur, de comptable et de secrétaire.  La nomination ou le recrutement pour ces postes embarrassent les décideurs qui ont du mal à effectuer les bons choix. Une petite fausse note qui les échappe compromet donc l’avenir du CNAC.
Dans le fonctionnement quotidien du Centre, les ressources et les actifs disponibles ne sont pas utilisés d’une manière optimale et l’on déplore des manques à gagner importants sur un budget moyen annuel estimé à environ 12 millions FC dont 4 millions FC de subvention étatique. Les ateliers et le service d’hébergement sont sous-exploités.  Les espaces commerciaux ne génèrent plus les revenus escomptés. Le personnel en poste est sous employé alors qu’il y a du pain sur la planche. En somme, Il n’y a pas de dynamique et la structure dépense plus qu’elle ne rapporte. L’absence de manuel des procédures de gestion, de transparence et de lisibilité la plonge dans le spectre de l’improvisation et du doute, et partant entache sa crédibilité.

II. Proposition de restructuration

Cette restructuration vise à installer des bases institutionnelles, organisationnelles et techniques plus viables, susceptibles de garantir de meilleures performances en vue d’accroître l’efficacité du service en charge de l’artisanat et de revitaliser et développer ainsi le secteur.

2.1 Le passage au statut d’office national.

Afin de donner au CNAC l’autonomie de gestion suffisante, il serait préférable qu’il devienne Office National de l’Artisanat Comorien (ONACO) ou Office pour la Promotion de l’Artisanat Comorien (OPAN). Le but de cette transformation est de permettre au service de s’assumer pleinement suivant un mode de gestion obéissant aux critères d’une gestion privée. En d’autres termes, l’Office devrait dorénavant générer et chercher ses propres moyens et les gérer sans interférence aucune de l’Administration. Le principal gestionnaire serait un Directeur National nommé par le Président de la République sur proposition du Ministre de tutelle. Il sera pris en charge par le budget de l’Etat et bénéficiera, dans cet ordre d’idées,  des prérogatives d’un Directeur National dans le cadre de l’administration publique mais  aura droit à une indemnité mensuelle sur les fonds propres de l’Office.

Par contre pour s’assurer que l’Office se conforme à la politique du Gouvernement en matière d’artisanat, il serait souhaitable qu’il soit rattaché au Ministère de l’industrie suivant les scénarios ci-après :

Þ Création d’une Direction Nationale de l’Artisanat ;

 Þ Rattachement direct de l’Office à la Direction Nationale de l’Industrie où un Directeur National Adjoint serait principalement en charge du dossier « Artisanat ».
 
2.2 Réorganisation structurelle du CNAC

Voir Nouvel organigramme

Voir le tableau des qualifications

2.3 Redéploiement du personnel cadre existant dans d’autres services du Ministère de tutelle ou dans les autres secteurs de l’Administration Publique

L’état des lieux du Centre nous montre qu’il y a actuellement 4 agents en poste relevant de la Fonction Publique. Il s’agit du Chef du Département Production, du Chef du Département Promotion Commerciale, du Comptable et du Directeur Général. En tout, le personnel cadre compte 6 agents (y compris le Chef du Département Formation, le Chef du Département Technique démissionnaires, comme indiqué plus haut).
Nous pensons que, pour relancer réellement les activités artisanales, il faudrait partir sur de nouvelles bases en recrutant de nouveaux cadres qualifiés et compétents. Autrement dit, les cadres en poste susmentionnés devraient être redéployés soit au Ministère de tutelle soit dans d’autres secteurs de l’Administration. Par contre, afin de conserver la mémoire du Centre, il serait judicieux de maintenir le Comptable à son poste. Il faudrait, cependant, organiser d’urgence un stage de perfectionnement en sa faveur. De même, le personnel subalterne à savoir le chauffeur, les deux femmes de ménage,  le jardinier et le gardien n’est pas concerné par cette mesure de redéploiement.
Dans cette dynamique, nous recommandons le recrutement d’une secrétaire de direction expérimentée car le CNAC fonctionne sans secrétaire.

Tous les agents auront le statut de contractuel et signeront, de ce fait, leurs contrats avec la Direction de l’Office. Leurs rémunérations seront prises en charge par les ressources de l’Office.

2.4 Dispositions transitoires

En vue d’opérer un changement maîtrisé, susceptible de produire les résultats escomptés,  il est indispensable de passer par une étape de transition. Celle-ci s’étalera sur une période de six mois et consistera à :

  1. Préparer le redéploiement du personnel concerné et suivre sa mise en œuvre; 
  2. Recruter le personnel requis et rédiger les termes de référence de chaque agent;
  3. Préparer les outils de gestion tel que le manuel des procédures ;
  4. Elaborer, au titre des six mois, un budget et plan de travail de relance pour la nouvelle structure ;
  5. Adapter les textes réglementaires de base ;
  6. Traiter les dossiers financiers en souffrance ;
  7. Amorcer le dialogue avec l’Association des Artisans Comoriens en vue de construire un partenariat dynamique ;
  8. Mettre en place le conseil d’administration de l’Office ;
  9. Relancer les différentes activités suivant l’esprit de l’Office et poser les jalons pour un avenir certain.

Pendant la période de transition, le Ministère du développement Rural, de la Pêche, de l’artisanat et de l’environnement accompagnera l’Office  dans la réalisation de ses activités et préparera son transfert au Ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie.

 

 

 

 

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