| Mot du Ministre |
Bienvenue sur le site de l'ancien Ministre d'Etat chargé du Développement, de la pêche, de l'environnement et de l'artisanat de l'Union des Comores, et actuel Directeur de l'Enseignement.
DIAGNOSTIC DU SYSTEME ENERGETIQUE AUX COMORES
ii) Le réseau
La fin du délestage a permit de déceler les vrais problèmes du réseau. Il est vrai que le délestage empêchait d’évaluer l’état du réseau. Celui-ci est vétuste. En effet la plupart des tronçons datent des années soixante dix et quatre-vingt. La CEE avait entrepris une réhabilitation mais elle s’est avérée être du bricolage. Il est très facile actuellement de frauder à partir du réseau. Le démembrement du service de la lutte contre la fraude par la Direction actuelle incite la population à frauder car aucun contrôle n’est effectué. Il est d’ailleurs étrange que la Direction minimise la fraude, pourtant elle reste réelle et élevée. Actuellement la fraude est calculée ainsi :
Production totale – perte en ligne - facturation – impayés= taux de fraude
C’est une façon de calculer mais qui n’est pas très fiable du fait que le service commercial (comme nous allons le voir plus loin) ne maîtrise pas tout à fait la facturation ainsi que les impayés. Les pertes en ligne sont estimées à 10%, mais vu l’état du réseau, elles doivent être supérieures. Le taux de fraude que nous avons sera nécessairement biaisé et global. Nous ne saurons pas quelles sont les zones où la fraude est plus élevée. Les opérations de nettoyage du réseau ne peuvent donc pas avoir lieu.
La CEE malgré leur réveille tardif en matière de lutte contre la fraude, ont su mettre les moyens nécessaires pour essayer de résoudre ce problème. En effet des compteurs totaliseurs avaient été placés à l’entrée de plusieurs villages. Cela permettait de savoir avec exactitude le nombre de kw/h distribué dans cette localité et savoir ainsi la consommation exacte de la localité. On pouvait ainsi faire des calculs de rentabilité par secteur, et aussi mener des opérations de nettoyage du réseau là où des fraudes étaient constatées.
Un des gros problèmes actuel du réseau est le manque de matériel de maintenance. Il n’y a plus de transformateurs en stock, et ceux qui sont posés ont des problèmes de saturation. Actuellement un client qui souhaite faire un branchement doit acheter (dans le commerce) au préalable tout le matériel de branchement (compteur, disjoncteur, câble…).
Les charges inhérentes au service ne sont pas très élevées par rapport à la production. La masse salariale du service transport et distribution est de 6 millions par mois. Les charges de maintenance du réseau ne sont pas élevées malgré son état. Il faudrait en fait avoir un financement pour le réhabiliter et ensuite la maintenance représente en moyenne 5 000 000 Fc par mois. Actuellement 95% des achats de matériel sont destinés à la centrale. Il y a donc très peu d’argent qui est consacré au réseau (ce qui explique le manque de matériel).
iii) Le service commercial
Actuellement le service commercial ne fait pratiquement que du recouvrement. Il n’existe aucune politique commerciale. Cela occupe 90% de son temps pour un taux de recouvrement aux alentours de 70%. L’avantage est que ce taux peut être supérieur à 90% si on généralise les compteurs à prépaiement. Le service emploi 38 personnes. Cette configuration laisse très peu de place aux opérations de satisfaction de la clientèle et d’ailleurs la société a une très mauvaise image auprès de sa clientèle et cela n’est pas seulement du aux délestages, mais aussi à la non satisfaction des requêtes. De plus la vétusté du réseau engendre des incidents chez les clients et le service de permanence de la société met plusieurs jours avant de les dépanner. Il existe de réels problèmes de communication au sein du service ainsi que des dysfonctionnements de tout genre. Le responsable commercial selon l’évaluation qui a été faite n’a pas le profil pour relancer ce service qui doit être le bras armé de la société. Une étude marketing doit être entreprise pour évaluer les besoins réels de la clientèle. Le service ne peut pas s’être mobilisé à 90% dans la résolution des problèmes de recouvrement. Son rôle doit être différent, et la satisfaction du client doit être son leitmotiv.
La facturation pour l’année 2003 s’élève à 9 000 000 de kilowatt.
iv) Le service approvisionnements
Ce service est dans l’ensemble mal géré. Cela est d’autant plus grave qu’une mauvaise gestion des achats et du stock peut entraîner des pertes considérables. Les inventaires ne sont pas effectués. Plusieurs transactions qui ont eu lieu ne se sont pas déroulées selon les règles de l’art, et les gros travaux effectués à la centrale ou les commandes des pièces détachées par exemple se sont fait sans appel d’offre. Cela peut donc être une source de manque à gagner pour la société, qui a besoin d’être vigilante sur tout ce qui concerne les charges.
v) Le service financier
L’organigramme de la société a prévu un Directeur Administratif et financier, mais ce poste reste vacant. Un agent comptable envoyé par le Ministre des finances joue ce rôle. Ce service aussi connaît des dysfonctionnements. On n’a pas pu rentrer dans les détails des comptes, mais les charges et les recettes des services électricité et eau ne sont pas séparées. Cela rend le calcul du coût de revient du kw ou du mètre cube d’eau très difficile. D’ailleurs, au jour d’aujourd’hui la société ne connaît pas le coût de revient d’un kilowatt d’électricité produit. Il se pourrait que ce coût soit supérieur au prix fixé (120 fc/kw) et donc la société serait entrain de perdre beaucoup d’argent. Il est urgent de revoir tous les comptes de la société pour avoir un aperçu réel de l’état financier. Le stock n’est pas évalué, ce qui rend opaque les comptes de la Ma-Mwe.
Conclusion :
D’après les chiffres de la production, il y a eu 30 000 000 kwh produits cette année. La facturation s’élève à 1 074 512 596 Fc en 2003, ce qui représente à peu prés 9 000 000 kwh (en prenant le prix actuel de 120 fc/kwh). Nous avons donc 70% de la production qui n’a pas été facturée (70% de fraude).
Le recouvrement et de 70% comme nous l’avons vu ce qui représente 750 000 000 Fc (6 200 000 kwh).
Nous voyons donc que la fraude et le taux recouvrement empêchent réellement la société de se développer, et il est impensable qu’aujourd’hui, on cherche à minimiser les réalités de la fraude.







