| Mot du Ministre |
Bienvenue sur le site de l'ancien Ministre d'Etat chargé du Développement, de la pêche, de l'environnement et de l'artisanat de l'Union des Comores, et actuel Directeur de l'Enseignement.
DIAGNOSTIC DU SYSTEME ENERGETIQUE AUX COMORES
- Propositions à court et à moyen terme
Recommandations et propositions sur la gestion de la société
i) Révision du statut de l’entreprise.
Une commission composée de la Direction de la Ma-Mwe, du syndicat du personnel, et de représentants du gouvernement, devra réviser le statut de la Ma-Mwe en tenant compte de la nouvelle donne politique et des nouvelles orientations qui seront proposées. En effet les nouvelles entités autonomes devront être intégrées dans la nouvelle structure de la société et y prendre part, pour un réel développement.
ii) Révision de la politique sociale de l’entreprise.
L’employé doit être au cœur de la politique managériale : une amélioration des conditions de travail est nécessaire pour espérer un meilleur rendement. Des discussions devront être ouvertes avec le syndicat et les délégués du personnel pour réactualiser le statut du personnel (inchangé depuis 1990). La protection des employés à tous les niveaux (santé, sécurité du travail, prévoyance sociale, retraite) doit être traitée rapidement et efficacement en concertation avec toutes les parties. Les quotas d’eau et d’électricité ainsi que les dépenses mensuelles de santé doivent être redéfinis et étudiés en concertation, pour pouvoir pérenniser ces acquis sociaux. Cela aura pour premier effet, de baisser le vol et la fraude au sein même de la société.
iii) Mise en place d’un dispositif pour combattre la fraude (en collaboration avec les Ministères de l’Energie et de la Justice).
La fraude est le grand mal de la Ma-Mwe. Elle s’élève à environ 70% aujourd’hui. Pour le gasoil, par exemple, cela équivaut à une perte de 61 320 litres sur les
87 600 litres consommés par jour, soit 8 700 000 Fc de perte par jour rien que pour le gasoil.
Les recettes mensuelles varient entre 75 millions et 120 millions. Ces chiffres correspondent à 30% des consommateurs d’électricité (consommateurs facturés) ce qui correspond à un manque à gagner de 280 millions (en prenant 70% de taux de fraude).
Avec un taux de recouvrement actuel de 70% il est possible d’améliorer les recettes. En effet un taux de recouvrement de 95% (possible grâce à la mise en place des compteurs pré paiement) pourrait augmenter les recettes d’environ 260 millions par mois. Ceci, couplé à une baisse du taux de fraude à 15%verrait une augmentation conséquente des recettes mensuelles (voir simulation 2).
Ces résultats sont conditionnés par la généralisation des compteurs à pré paiement et par la réduction de la fraude qui n’est possible que par l’intervention des pouvoirs publics, comme nous l’expliquerons plus loin.
La Ma-Mwe a donc des potentialités, qui ont été sous-utilisées jusqu’à présent du fait de la non implication de l’Etat et à une négligence du management, qui n’a pas su mettre les efforts nécessaires dans la réduction de certains coûts importants.
Cette lutte contre la fraude avait été bien appréhendée par la CEE, mais hélas, il leur manquait l’implication de l’Etat à travers son appareil judiciaire et sa gendarmerie. En effet retirer les câbles frauduleux ne suffit pas, il faut que cela soit accompagné des procédures judiciaires appropriées.
En interne, il faudra créer un service « lutte contre la fraude », en intégrant et en améliorant les procédures mises en place par Vivendi. Ce service doit être rapidement mis en place et être opérationnel au plus tôt, afin d’assurer une meilleure coordination de ses opérations avec les services publics concernés (justice et gendarmerie).
iv) Une étude devra être réalisée, au plus tôt, pour réactualiser les coûts du kwatt et du mètre cube d’eau.
En effet étant donné l’augmentation significative du prix du gasoil, l’arrivée de nouveaux moteurs qui consomment plus de carburants et de lubrifiants, et l’état technique des anciens groupes, le coût du kWh et du mètre cube d’eau a nécessairement augmenté. Il est donc impératif de recalculer leurs coûts de revient et cela passe d’abord par une distinction nette et précise des charges et des recettes de l’eau et de l’électricité.
v) Redéfinition de la politique commerciale.
Nous devrons mettre les moyens nécessaires et adéquats pour assurer à la clientèle le meilleur service possible. Le client doit être au cœur de nos préoccupations. En effet, même si nous ne sommes pas en mesure de fournir continuellement de l’électricité, nous devons néanmoins pouvoir être à l’écoute des exigences de notre clientèle et répondre à ses attentes. Une politique plus tournée vers le commercial donnerait une meilleure image de la société. Des campagnes de communication et de sensibilisation seront mises en place. Il est nécessaire de refaire les locaux du service commercial. Un département d’analyse et de suivie des comportements des clients doit être mis en place. Il faut que le service s’occupe du commercial, car aujourd’hui c’est plutôt un grand service de recouvrement que nous avons à la Ma-Mwe.
vi) Tout sera mis en œuvre pour mieux maîtriser les charges les plus élevées.
Comme nous l’avons vu précédemment le gasoil représente 75% des charges totales. En abaissant le prix du litre et en réhabilitant le système de tuyauterie (actuellement désuète) nous pourrions diminuer notre consommation journalière de gasoil de 10% à 20% et économiser ainsi plusieurs millions.
Le gardiennage pourrait être assuré par des gendarmes ce qui nous ferait économiser 4 millions KMF par mois (coût actuel SECURICOM).
Nous interviendrons sur le système de protection sociale en mettant en place un système de quota qui limiterait son coût.
Actuellement, pour le fonctionnement de la société, nous sommes obligés de recourir à la location de véhicules. Cela représente 5 millions par mois. L’achat de véhicules devrait donc nous faire économiser 60 millions par an.
En ce qui concerne la masse salariale (actuellement de 20 millions) nous pourrons l’abaisser avec la création, à moyen terme, d’entreprises privées de production et de distribution (voir partie sur la politique énergétique).
vii) Budgétisation du service Eau à court terme et séparation des activités de l’eau et de l’électricité à moyen terme.
Il est nécessaire d’adopter une nouvelle approche dans ces deux domaines.
A moyen terme, il serait intéressant de séparer l’exploitation de l’eau et celle de l’électricité pour espérer une meilleure rentabilité du service Eau (production et distribution) et de pouvoir mettre les moyens financiers et humains nécessaires à l’extension du réseau de l’eau. Néanmoins une étude approfondie devra être réalisée pour mieux évaluer les impacts. A terme, il serait nécessaire de créer une société nationale de production et de distribution de l’eau. Cela pourrait permettre à l’Etat de mieux répartir et contrôler l’approvisionnement en eau de l’ensemble du territoire (adductions d’eau, extension réseau existant…)
viii) Audit général
Il est nécessaire d’effectuer un audit complet de la société, au plus tôt de manière à pouvoir préparer la société aux défis qui l’attendent et aussi partir sur des bases saines et fiables.







