| Mot du Ministre |
Bienvenue sur le site de l'ancien Ministre d'Etat chargé du Développement, de la pêche, de l'environnement et de l'artisanat de l'Union des Comores, et actuel Directeur de l'Enseignement.
FETE NATIONALE
CEREMONIE D’HOMMAGE
AUX DEPUTES QUI ONT PROCLAME L’INDEPENDANCE
Samedi 02 juillet 2005. Palais du Peuple
Discours de Mohamed Issimaila,
Ministre de l’Education, chargé de la Culture
Excellence Monsieur le Vice-président
Excellence Monsieur le Président de l’Ile Autonome de Ngazidja,
Excellences Messieurs les Ministres
Messieurs les Députés
Honorable Assistance
Mesdames et Messieurs
Nous venons de hisser le drapeau devant l’ancienne chambre des députés, devenue assemblée nationale pendant les événements de juillet 1975, car, au commencement était cette chambre ; c’est là où les Comores comme république souveraine sont nées ; imaginez toute la charge émotive qui nous a tous traversé en une parfaite communion, au moment où on faisait monter notre drapeau, devant le berceau de la république des Comores ; essayons surtout d’imaginer les énormes sacrifices qu’ont consenti ces hommes dans leur amour pour leur patrie ; à travers cet étendard nous devons tous être conscients qu’il s’agit en fait de faire relever notre nation, et la faire grimper vers ses plus hauts sommets où elle pourra briller de toute sa splendeur. Une nation fière, une nation sereine, une nation confiante en son avenir.
Messieurs les Représentants du Peuple
Ce bâtiment tombé en ruines est l’image la plus frappante de nos inconséquences hasardeuses, de notre aveuglement suicidaire érigé par nos basses rivalités qui vont offusquant l’intérêt supérieur de la nation et enfonçant d’avantage le pays. Croyez-vous chers compatriotes, chers députés d’aujourd’hui et de demain, croyez-vous que tous ces hommes qui ont secoué le joug de l’occupation sont fiers de nous ? Croyez-vous que ces hommes-là, ceux qui sont parmi nous, et que nous souhaitons qu’ils nous guident encore pendant longtemps, et ceux qui reposent en paix entre les mains de notre Seigneur, croyez-vous qu’ils sont heureux de voir ce qu’est devenu leur bâtiment, miroir éloquent, s’il en est, de notre pays ? Heureusement qu’un sursaut soit intervenu et que des travaux soient engagés pour la restauration de ce monument qui abritera bientôt l’Assemblée de l’Ile. Nous saluons les efforts entrepris pour ces travaux.
Honorable Assistance
Ces grands hommes ont sacrifié leurs vies pour bâtir un pays moderne et démocratique, une nation fière et unie, une république soudée et ambitieuse, et nous, malheureusement, nous passons notre temps à saper leur travail, nous passons notre vie à vouloir assassiner notre nation, croyant par de vils esprits et par nos enflures subjectives que nous sommes dans le bon sens. C’est comme si nous crachions sur leurs efforts, c’est comme si nous avons essayé, en un quart de siècle, de démolir à tout prix ce qu’ils ont dû mettre toute une éternité de labeur et de bravoure pour construire, dans le respect de nos précieuses valeurs.
Nous sommes ici aujourd’hui pour leur remercier et saluer avec la plus grande des humilités leurs efforts louables à plus d’un titre. Vous méritez plus que ce que nous pouvons vous accorder. Vous avez droit à tous les honneurs, parce que vous avez montré qu’on peut gagner rien qu’avec la volonté, parce que vous vous êtes montrés dignes de la nation que vous représentiez, parce que vous n’aviez pas voulu trahir votre peuple, parce que, finalement, vous avez su taire vos ambitions personnelles, pour faire parler l’intérêt national. Aujourd’hui, la nation vous rend hommage, vous qui étiez aux avant-postes du combat pour la libération, en siégeant à la Chambre des Députés, et les autres, tous les autres qui de près ou de loin n’ont été animés que de très bonnes intentions patriotiques, notamment les partis Pasoco et Molinaco, ainsi que tous ces hommes qui ont croisé le fer, en scandant « Mkolo nalawé ! ». Qu’ils entrent avec vous dans la l’histoire, la grande et la plus noble ! Qu’ils restent, comme vous, éternels ! Car, à nos yeux vous resterez immortels, quelque soit la malveillance de certains d’entre nous qui veulent falsifier voire effacer notre mémoire. Nous ferons tout pour que vos noms et vos actes soient des références pour les générations futures. Nous n’avons pas de médailles, mais soyez-en certains elles viendront ; ici et maintenant nous vous décernons les plus riches distinctions : celles de nos cœurs fiers, ainsi que celles de notre humble mais incommensurable reconnaissance.
Néanmoins, il est un devoir qui nous incombe à nous tous ; un devoir auquel aucun Comorien épris de profonde justice, de sincère patriotisme et de fière vérité, ne peut se défausser ; le devoir honnête et majestueux de séparer le bon grain de l’ivraie. Le moment ni l’endroit ne s’y prêtent pas aujourd’hui, mais notre histoire, nous ne devons l’oublier, est jalonnée de cette engeance, d’hier et d’aujourd’hui, ennemie du bien-être de notre peuple, hostile au rayonnement de notre nation, et traîtresse à notre mère patrie.
Honorable Assistance
Chers Parlementaires,
Nous devons poursuivre le combat de cette libération, nous devons libérer nos mentalités. Cela passe bien entendu par la remise en cause de certaines idées reçues, et d’une certaine appréhension de l’histoire. Nous ne sommes pas un pays maudit. Non ! Nous ne sommes pas un peuple de lascars ; les Comoriens sont, et ils l’ont toujours été, des hommes dignes, des hommes d’honneur, des hommes vertueux. Et s’il s’en trouve parmi nous des personnes peu recommandables, ils ne sont qu’une infime minorité, et le peuple devra les juger. En cet instant, encore une fois, l’heure est de bousculer les préjugés dirigés contre notre pays. L’occupant nous a inculqué sa manière de voir les choses, ils ont dit indépendance, et nous l’avons hélas repris, mais aujourd’hui, nous devons nous demander si les Comores ont été colonisées pendant toute leur existence, l’histoire dit NON ! L’histoire nous renseigne que les Comores, civilisation multiséculaire, ont toujours été souveraines depuis le 8e siècle, jusqu’au début du 20e, lorsque nous avons été abusivement annexés. Un peu plus d’un demi-siècle pendant lequel nous avons subi le processus politique de dénégation culturelle, identitaire, et historique qu’ils ont par euphémisme appelé colonisation ; cette imposture institutionnalisée, volonté vicieuse visant à la déstructuration systématique de notre identité, cette rare roublardise dont l’objectif final était la l’accaparement de nos richesses, l’étouffement de tout élan de développement, et la dissolution des bases sociales qui ont longtemps fait le ciment de notre patrie. Ils ont dit indépendance, mais nous devons dire libération, comme l’histoire universelle nous l’enseigne, lorsqu’une nation est occupée par une autre, pour une raison quelconque, pendant une période déterminée. Une partie de notre territoire, il faut le rappeler, reste encore malheureusement sous l’occupation. L’Ile Autonome de Mayotte demeure une source de déstabilisation permanente du pays, et un cimetière de bon nombre de nos compatriotes, cette situation doit impérativement changer.
Honorable Assistance,
Ces hommes illustres, envers qui nous adressons nos plus sensibles et vives révérences, ont commencé le combat de la libération politique et institutionnelle, nous devons le poursuivre par une libération culturelle, et les générations qui nous suivent de près auront le devoir glorieux de mener ce combat jusqu’au bout, pour la prospérité de notre nation unie.
Nous ne devons jamais tarir d’éloges envers tous ces pères fondateurs de notre république, Said Mohamed Cheikh, le Prince Said Ibrahim, Ahmed Abdallah Abderemane, et bien-sûr les députés qui furent à l’origine de la proclamation de la libération, nous aurions aimé qu’ils soient tous là, mais que ceux des autres îles pardonnent nos faibles moyens. Mais, permettez-moi que je les cite tous :
Maoré (5)
Zoubeir Adinani
Younoussa Bamana
Younoussa Ben Ali
Marcel Henry
Abdallah Houmadi
Ndzouani (13)
Mohamed Ahmed
Affane Mohamed
Affraitane Aboubacar
Abou Bacar Daoud
Abou Bacar Abeid
Bourhane Bacar
Mohamed Abdallah
Youssouf Ousseni
Said Ali Mohamed
Soibaha Houmadi
Amir Combo
Dhakoine Mohamed
Abdoulwahab Said Ali Pety
Mwali (3)
Mohamed Hassanay
Soilihi Mohamed
Ali Said M’sa
Ngazidja (18)
Said Mohamed Jaffar
Ahmed Dahalani
Mouzaoir Abdallah
Ali Bazi Selim
Ali Abdallah Himidi
Abdallah Halifa
Abdoussalam Mohamed
Abderemane Mohamed
Ahamada Aboudou
Ahmed Said Hassane
Mohamed Ahamada Djimbanaou
Mohamed Zeina
Mohamed Mogne
Madi Maoulida
Saadi Aboudou
Mradabi Mohamed
Soilihi Mhoumadi
Chadhouli Abdoubacar
Ainsi que tous ceux, sultans, guerriers, citoyens qui ont dû verser ne serait-ce qu’une goutte de sang, une larme, une perle de sueur pour l’épanouissement de notre nation, et la dignité de notre peuple. Je ne saurai oublier les chefs religieux qui ont eux aussi joué un rôle sans pareil pour la libération, j’évoquerai avec votre permission la mémoire de feu Said Mohamed Abderemane, Grand Mufti de la République.
Honorable Assistance,
Sauvegardons la mémoire, et restons vigilants quant à notre avenir. L’avenir de notre pays nous appartient, c’est l’affaire de tout le monde. Notre pays sera ce que nous voudrons qu’il soit. Désormais, nous n’avons plus droit à l’erreur ; essayons de baisser les bras et nous tombons plus bas, mais retroussons des manches et l’avenir nous sourira. J’espère que lors d’une prochaine commémoration, dans 20 ans, dans 10 ans, et même dans 5 ans, nous rendrons bien évidemment hommage, mais aussi j’espère que nous vanterons les mérites de notre pays car, il aura décollé.
Excellences Mesdames et Messieurs
Au nom du Président de l’Ile Autonome de Ngazidja, au nom de toute mon équipe au Ministère, et en mon nom propre, je rends, en toute solennité, le plus profond hommage à ceux qui ont guidé les premiers pas de notre Etat. Et au nom de tous les Comoriens, je vous dis merci, merci, merci.
Je vous remercie







