EXPERIENCES & PARTAGE :MOHAMED ABDULHAMIDE

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Ancien Ministre d'Etat au Développement rural

Ancien Directeur de l'Office des Examens et Concours

Ancien Proviseur du Lycée Said Mohamed Cheikh
Enseignant et Directeur général des Enseignements.

DEVELOPPEMENT RURAL

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Mot du Ministre  

Bienvenue sur le site de l'ancien Ministre d'Etat chargé du Développement, de la pêche, de l'environnement et de l'artisanat de l'Union des Comores, et actuel Directeur de l'Enseignement.


 

UNION DES COMORES
Unité Solidarité Développement
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MINISTERE DU DEVELOPPEMENT RURAL,
DE LA PECHE, DE L’ARTISANAT ET
DE L’ENVIRONNEMENT

_________

 

Direction Générale de l’Environnement

PO. BOX : 41, Moroni – COMORES
Tel : (269) 74 46 30
Fax : (269) 74 46 32

Etude de Faisabilité d’un parc national marin
Pour le Coelacanthe
sur la côte sud-ouest de la Grande Comore

A. TERMES DE REFERENCE

 

I/ CONTEXTE GENERAL

1/ Le problème conservation/développement d’un patrimoine mondial unique

Les coelacanthes sont apparus dans l’échelle évolutive il y a environ 400 millions d’années. Ces antiques prédécesseurs de tous les vertébrés tétrapodes terrestres connus sous forme de fossiles étaient considérés comme éteints depuis 60 à 70 millions d’années. La capture d’un spécimen vivant aux Comores en 1938, a été célébrée comme la découverte zoologique la plus extraordinaire du siècle. Cette découverte a permis de faire d’énormes progrès dans le domaine de l’évolution anatomique des vertébrés. Le cœlacanthe représente à la fois un exemple d’un endémisme poussé à l’extrême et d’un animal dont la position dans l’évolution est unique. Le développement des recherches scientifiques et les captures ultérieures dans cette région ont montré que les eaux profondes (180 à 230 m) baignant les côtes de l’Archipel des Comores s’avéraient être l’habitat privilégié de cette espèce. Les estimations statistiques de la population, établies grâce à une série de missions scientifiques menées en Grande Comore depuis 1987, ont révélé pour cette île un total de 200 à 300 individus. Les derniers comptages de 1994 et 1995 font apparaître un déclin important de cette population suivie depuis plus de 8 ans et les études menées conjointement sur la pêche artisanale indiquent que cette diminution est vraisemblablement imputable à l’action de l’homme. L’intensification de l’effort de pêche sur la zone côtière, liée à la croissance démographique et aux problèmes économiques du pays, à entraîné un fort appauvrissement des ressources demersales. Ce phénomène conduit les pêcheurs traditionnels à utiliser des lignes de fond de plus en plus profondes et provoque une augmentation notable des captures accidentelles de coelacanthes (supérieures à une dizaine par an). Dans ce contexte, aggravé par l’apparition de problèmes de pollution, le risque de disparition de l’espèce dans les 10 ans à venir est réel.

Il convient toutefois de signaler que si les Comores sont en général considérées comme l'habitat privilégié du Coelacanthe, d'autres spécimens ont été signalés dans les eaux du Mozambique, de l'Afrique du sud, et à Madagascar, dont le plus récent à Toliara (1995). Plus récemment encore (1998), un spécimen a été capturé au large de l'île volcanique de Manado Tua, à l'extrémité de l'archipel des Célèbes (Indonésie). Face à ces captures dans plusieurs régions de l'océan Indien, le débat est lancé depuis le début des années 90 de savoir s'il s'agit d'individus égarés de leur aire de répartition naturelle ou d’individus provenant de populations indépendantes. Quelle que soit la réponse, cette situation montre bien le caractère de patrimoine national comorien d’intérêt mondial que possède désormais le coelacanthe. Fossile vivant de 250 millions d'années, cette espèce revêt en effet une importance majeure dans la connaissance des processus de l'évolution. Des mesures rapides de protection et de poursuite des recherches in situ s'imposent pour préserver ce patrimoine mondial, véritable patrimoine de l'humanité.

Dans ce sens, outre le statut d'espèce protégée, il est indispensable de préserver un espace permettant la survie et éventuellement la diffusion de l'espèce. Parce que le foyer le plus important et le plus connu se situe sur la côte sud-ouest de la Grande Comore, il est proposé d'y créer un parc régional marin géré par les autorités responsables des Comores. En effet, depuis les années 50 près de 200 coelacanthes ont été pêchés dans ces eaux, souvent à moins d'un kilomètre de la côte, à une profondeur allant de 100 à 400 mètres de profondeur. Cette relative abondance à proximité de la côte en fait un site remarquable du point de vue de la protection et de la recherche, mais également de l'image nationale, voire régionale et donc de l'activité du tourisme. Un autre atout important tient à la sensibilisation des acteurs locaux, particulièrement les pêcheurs, susceptibles de participer d'une manière ou d'une autre à la protection de la zone et, en retour, d'en retirer des bénéfices directs ou indirects dans le cadre de leurs activités.

2/ Mesures de protection et de valorisation envisagées

  • Créer une aire protégée marine côtière gérée dans le cadre des principes de gestion participative retenue par l’Etat visant la protection de la population de coelacanthes et une meilleure gestion des ressources demersales. Ce Parc marin pour le coelacanthe permettra d’offrir des solutions alternatives pour le développement des activités de pêche dans la zone.
  • Implanter un centre d’accueil éducatif « maison du Coelacanthe » pour la mise en valeur touristique du site et l’information grand public.
  • Implanter un pôle de recherche scientifique international permettant la poursuite des recherches sur le coelacanthe aux Comores, l’amélioration des connaissances scientifiques sur l’espèce et l’émergence de compétences nationales en offrant des possibilités de formation et de partenariats de recherche.
  • Créer un musée marin basé sur la reproduction du système biologique et physique dans lequel vit et survit le cœlacanthe de manière à sensibiliser et éduquer les populations à partir de l’intérêt scientifique et patrimoniale ainsi que par la croissance de l’offre touristique.

Pour ce faire, la proposition serait la suivante :
Création d’un parc thématique sur la vie du cœlacanthe autour de ce musée marin de telle sorte que par la diversion on puisse éduquer et sensibiliser les populations sur les thèmes principaux de la vie sur terre.

2.1. Actions possibles

  • musée en lui-même
  • possibilité de diversion momentanée, c’est à dire : créer le besoin de passer pour le moins une journée entière en famille
  • bars, restaurants, boutiques
  • petits parc aquatiques avec piscines, multipistes, jeux d’eau, etc…
  • création d’un centre artisanal pour expliquer le pourquoi et le comment de la pêche.
  • Création d’un aquarium
  • production de photos du milieu dans lequel vit le cœlacanthe pour pouvoir recréer artificiellement ce milieu
  • Passages en verre spécial pour permettre le passage des visiteurs qui donc auront l’impression de se promener dans la mer et de la même manière, étudier la vie de ce poisson dans son milieu

A partir d’un centre d’accueil, on aura accès  à des rampes qui feront descendre dans l’aquarium (dans lequel on aura reproduit  le milieu ambiant de ce poisson) par le biais de tubes en verre qui permettront aux visiteurs de se sentir en pleine mer.
Autour de cet aquarium viendront s’installer les bars, les restaurants, boutiques, etc… les lieux de diversions. Ces lieux de diversion sont :

  • les piscines d’activités pour enfants et adultes,
  • tobogans multislides, giants slides, kamikazes, piscines écoles de plongée sous-marine,
  • Crazy-river, lazy river, black holes (tube noir avec lumière fibre optique), twistes (tresse de trois tubes qui permet de savoir où l’on part, mais pas où l’on arrive),
  • Jeux d’eau interactifs.

3/ Publicité ou possibilité de faire connaître ce musée

  • Package avions, hôtels et visites du musée,
  • Boutique souvenirs : tee shirt, etc…
  • Timbres postaux, cartes postales, affiches…
  • Chaînes TV internationales, radio…
  • Les hôtels peuvent offrir une journée gratuite (compris dans le prix du séjour),
  • Bourses d’études en marketing et management,
  • Centre de congrès.

4/ Résultats attendus

  • Les pressions de pêche sur le coelacanthe diminuent, l’habitat de l’espèce est protégé et le potentiel de régénération de l’espèce est maintenu. La capacité de régénération des espèces demersales est améliorée et l’effort de pêche est transféré vers les espèces pélagiques.
  • L’existence d’un Parc marin, visant à protéger une espèce d’intérêt mondial, renforce l’attrait touristique de l’archipel et contribue au développement économique national. Première du genre aux Comores, cette aire protégée crée une dynamique autour de la protection des sites sensibles remarquables et contribue à la réduction des conflits liés à l’exploitation des ressources.
  • Les associations villageoises de la zone du Parc disposent d’un support infrastructurel leur permettant de faire connaître et de protéger le site et de bénéficier des revenus issus de la mise en valeur touristique.
  • Les pêcheurs riverains du Parc s’impliquent dans la protection de l’espèce menacée et dans la gestion globale des ressources. La réorientation des techniques de pêche permet aux communautés de pêcheurs concernées d’augmenter et de diversifier leurs sources de revenus.
  • Les communautés locales (associations, ONG, groupements de pêcheurs) voient leur compétences et leur mobilisation renforcées au travers d’un encadrement technique et scientifique qui pourra leur permettre ultérieurement de gérer avec l’Etat leur patrimoine naturel.
  • Le développement des activités liées au parc marin permet de créer des emplois de proximité dans une zone relativement défavorisée sur le plan économique.
  • Le parc marin du cœlacanthe est l’instrument clé d’un réseau régional déjà identifié dans le cadre de la Commission de l’Océan Indien (COI), au même titre que les réseaux Récif et Ecotoxicologie.
  • La création du parc permet le développement d’un pôle de recherche régional et international sur cette espèce aux Comores et débouche sur la fréquentation du site par des scientifiques du réseau ad’hoc de la COI et des pays du monde entier.
  • Le parc permet la création d’une CHAIRE de biologie pour le cœlacanthe sous la gestion pédagogique de l’Université de l’Océan Indien (UOI) ainsi que la recherche de bourses pour les étudiants de la région en fonction des thèmes de recherches sur l’espèce.

5/ Actions antérieures

Les Comores ont déjà entamé des enquêtes socio-économiques préliminaires pour étudier les conditions de faisabilité de l’opération axée sur la problématique de gestion durable de la ou des population(s) de coelacanthe. Cette étude porte sur l’historique des villages riverains, les communautés et l’organisation de leurs terroirs villageois. La collaboration et l’actualisation de la réciprocité communautaire, le rapport village/aire protégée et l’activité de production notamment la pêche ainsi que les modes de gestion de l’espace marin.
Cette proposition est donc faite sur la base des travaux de terrain initiés par la Direction Générale de l’Environnement. Elle s’appuie également sur la dynamique et la disponibilité  des villages riverains, mais aussi des connaissances que  ces villages ont acquises à travers les ateliers de formation en leur faveur par la Direction Générale de l’Environnement. Le village d’Itsoundzou a déjà mis à disposition par un acte officiel de cession un terrain pour la construction de toute infrastructure nécessaire à la création du parc.

II/ ORGANISATION DE L’INTERVENTION

Les phases de l’intervention sont les suivantes :

Phase 1  : Préparation du cadrage de l’étude          

  • Constituer le groupe de travail pluridisciplinaire chargé de l’étude.
  • Organiser une réunion de concertation (cadrage) permettant de définir et de répartir les tâches et nommer un chef d’équipe coordinateur.
  • Rassembler les données générales de base, regrouper, inventorier et examiner toute la documentation disponible sur le site et le projet : élément concernant la législation nationale, éléments biophysiques, écologiques, ressources culturelles, données démographiques, sociales, économiques (cf documentation disponible à la CN-COM, DGE, PNUD, etc)

Phase 2 : Réalisation de l’étude sur le terrain          
 (Complément d’inventaires écologiques, analyses socio-économiques, enquêtes sur site, interrogation des différents partenaires, organisation de réunions de concertation et séances de travail pluri-acteurs, etc).

Phase 3 : Etablissement d’un rapport intermédiaire
Incluant les propositions d’aménagement et de gestion.

Phase 4 : Diffusion du rapport intermédiaire          
Pour évaluation, commentaires et amendements par les différents partenaires

Phase 5 : Organisation d’un atelier de validation      

Phase 6 : Corrections et amendement rapport         
Complément de rédaction pour prendre en compte les résultats de l’atelier et les commentaires, mieux cerner et préciser les choix.

Phase 7 : Publication étude de faisabilité finale
L'étude de faisabilité finale établira la faisabilité du parc au niveau national mais également recommandera les mesures d'accompagnement nécessaires afin de donner à la création du parc une amplitude régionale à court et moyen terme, et mondiale à plus long terme. Ce dossier sera mis en circulation pour approbation par les instances nationales.

III/ COMPOSITION DE L’EQUIPE internationale D’INTERVENTION

  • Un environnementaliste, spécialiste des aires protégées marines, bénéficiant d’une expérience reconnue d’élaboration des plans d’aménagement et de gestion opérationnelle d’Aires Protégées dans les pays en développement
  • Un économiste des pêches, compétent en matière d’analyse économique et financière de ce type de projet, disposant d’une expérience d’appui dans les pays en développement et plus particulièrement dans les petites îles.
  • Un écologue ayant une bonne connaissance de l'espèce, de ses zones de répartition géographique et une très bonne connaissance des Comores.

IV/ Composition de l’équipe nationale d’appui

  • Un(e) écologue spécialisé(e) dans le milieu récifal
  • Un(e) ingénieur halieutique
  • Un(e) économiste
  • Un(e) anthropologue/historien(ne) spécialiste de la Grande Comore
  • Un(e) écologue spécialisé(e) dans la biodiversité terrestre et littorale

Autres personnes ressources nationales

  • Un(e) juriste
  • Un(e) sociologue disposant d’une expérience en matière de médiation environnementale
  • Un géographe formé au SIG
  • Une responsable d’association environnementale villageoise de la région (déléguée par le groupement inter-villageois)
  • Autres (à déterminer CNDRS/DGE)

Durée de l’étude :  3 mois

 

 

 

 

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