| Mot du Ministre |
Bienvenue sur le site de l'ancien Ministre d'Etat chargé du Développement, de la pêche, de l'environnement et de l'artisanat de l'Union des Comores, et actuel Directeur de l'Enseignement.
Le Shikomori à l'école par le Professeur Mohamed Ahmed Chamanga
Mohamed Ahmed-Chamanga est un linguiste, un professeur, un chercheur et un écrivain comorien né à Ouani (Nzwani) en 1952. Il a notamment travaillé pour le développement et la reconnaissance de la culture comorienne, notamment à travers les contes.Homme de culture et chercheur confirmé, Mohamed Ahmed-Chamanga a rédigé de nombreux ouvrages et articles sur le shikomori et a transcrit plusieurs contes comoriens, tout en participant à des colloques internationaux; c'est aujourd'hui un spécialiste reconnu de la langue comorienne qu'il enseigne en France à l'« Institut National des Langues et Civilisations Orientales » (INALCO) de Paris, tout en maintenant une étroite collaboration avec le « Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique » (CNDRS, Moroni et Ouani), auprès duquel il est chercheur associé. Depuis la création de l'« Université des Comores », Mohamed Ahmed-Chamanga se rend régulièrement dans son pays natal pour donner des cours dans cette institution nouvelle.
ENTRETIEN accoedé au journal Al-Watwan
Parlez-nous de la genèse de ce grand projet d’introduction du shikomori dans l’enseignement?
Vers la fin de l’année 2006, le ministère de l’Education nationale m’a demandé de faire une étude sur la faisabilité de l’introduction du shikomori dans le système éducatif. L’étude est faite et agrée par le ministère en 2007 et maintenant on est dans la phase de concrétisation du projet. Nous avons commencé par la formation des formateurs. Puis, nous avons soumis un projet sur l’orthographe du shikomori qui est passé en conseil des ministres et doit être officiellement adopté par décret. Une fois décrété, il serait souhaitable que tous les écrits sur la langue comorienne s’y conforment. En ce qui concerne les documents officiels, ils seront bilingues dans un premier temps jusqu’à ce qu’une grande majorité puisse lire et comprendre le shikomori.
Quels sont les instruments didactiques qui seront utilisés?
Actuellement nous sommes dans la réalisation de la seconde phase de l’étude du projet, la formation des meilleurs formateurs qui consiste à leur donner les bases, la structure du comorien, comment construire les phrases, les mots, etc. Les livres de grammaire sont en phase de correction avant d’envoyer pour publication. En ce qui concerne les documents scolaires, nous allons nous baser sur les conseillers et inspecteurs pédagogiques, et travailler en collaboration pour élaborer ces documents. Personnellement, j’interviendrai en tant que linguiste.
Comment se fera l’apprentissage? Est-ce que la shikomori sera une seconde langue ou une langue d’enseignement?
L’apprentissage débutera à la rentrée scolaire 2010-2011 dans les écoles maternelles et dans les écoles pilotes. On utilisera des moyens ludiques, des petits livrets et des albums avec des images. Le shikomori sera la langue d’enseignement au Cp. Et chaque année l’apprentissage va évoluer. Au Ce1, on va introduire le français d’abord comme matière, puis comme langue d’enseignement dans certaines matières. Au collège et au lycée le shikomori sera enseigné comme matière. On va travailler sur la langue et la littérature. A l’université, nous allons introduire le shikomori comme module et discipline. On va étudier l’aspect scientifique de la langue.
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