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Bienvenue sur le site de l'ancien Ministre d'Etat chargé du Développement, de la pêche, de l'environnement et de l'artisanat de l'Union des Comores, et actuel Directeur de l'Enseignement.
SECTEUR ENERGIE
PARTIE 1 : ANALYSE DES PERFORMANCES DU SECTEUR
Définitions des termes de base
Les différentes formes de l'énergie :
Les formes primaires de l'énergie sont celles qui n'ont subi aucun procédé de transformation avant leur utilisation, tel que le bois de chauffage (appelé aussi bois de feu), les autres ressources, biomasse, copeaux, le charbon (charbon minéral), le gaz naturel, l'énergie hydraulique, le pétrole brut, l'éolienne, le photovoltaïque.
Les formes secondaires sont celles qui subissent une ou plusieurs transformations avant leur utilisation, tel que le charbon de bois, l'essence, le gasoil, le fuel-oil (le mazout), et le GPL mais également l'électricité (même si on peut le considérer comme forme tertiaire);
L'énergie utile:la chaleur basse et haute température, l'énergie mécanique, l'éclairage, etc.
Le bois de chauffage, le charbon de bois, les déchets de l'agriculture constituent les formes d'énergie traditionnelle. A cause de leur origine biomasse, ils sont également appelés source de biomasse-énergie, tel le bois de chauffage ou bois de feu. Les énergies conventionnelles (le pétrole et ses dérivés, le charbon minéral, et l'électricité) qui rentrent dans la sphère marchande sont habituellement appelées énergies commerciales.
Energie et lutte contre la pauvreté
La réduction significative de la pauvreté et le développement durable constituent les défis majeurs du début de ce troisième millénaire pour les pays en voie de développement en général et les Comores en particulier. Ces deux objectifs sont fondamentalement liés dans le contexte des pays en développement et de l'Afrique en particulier.
En effet, le développement durable doit, en premier lieu, et c'est l'objectif majeur de la communauté internationale pour les années à venir, réduire la pauvreté: le Sommet des Nations-Unies du Millenium (septembre 2000) n'a-t-il pas réaffirmé un objectif de réduction de moitié de la pauvreté d'ici 2015 ?
Par la suite, des études ont montré que l'énergie devra être explicitement prise en compte dans les initiatives de lutte contre la pauvreté. Car, pour les populations pauvres, l'énergie est une composante essentielle de toute activité permettant d'assurer un minimum de développement économique et social et elle est indispensable à la satisfaction des besoins quotidiens (eau, nourriture, santé, éducation, etc.).
Donc, l’inaccessibilité des pauvres à l’énergie moderne telle que l’électricité leur prive l’accès à des services essentiels notamment en matière de santé, média (télévision) conservation (frigo), éducation populaire puisque ces services s’appuient sur des appareils électriques.
Face à l'énergie, l'insécurité et l'exclusion des pauvres
La satisfaction des besoins élémentaires des populations (nourriture, santé, logement, etc.) nécessitent, pour la plupart d'entre eux, l'utilisation de diverses formes d'énergie. Leur rareté et leur coût trop élevé concourent au maintien et à l'accroissement de la pauvreté en particulier dans les zones rurales. En effet :
- soit les formes d'énergie sont accessibles à tous (comme la biomasse sous sesdiverses formes), mais alors les prélèvements de proximité sur le couvert végétal participent à la dégradation de l'environnement et à la rareté de la ressource. Ces pratiques énergétiques, si elles ne sont pas organisées, concourent à la détérioration de l'environnement dans lequel vivent les populations généralement pauvres et par-là même amplifient leur situation de pauvreté ;
- soit les sources d'énergie (électricité, charbon de bois, gaz, produits pétroliers, etc.) sont régies par les mécanismes de marché en amont ou en aval, et alors, le coût des services énergétiques est trop élevé en regard des ressources disponibles des populations pauvres.
Dans les deux cas, l'inaccessibilité des pauvres à un service efficient équivaut à l'impossibilité d'assurer la couverture de leurs besoins élémentaires dans des conditions satisfaisantes. Ce qui caractérise la pauvreté c'est donc, au-delà de la faible consommation d'énergie, l'exclusion des pauvres des services d’énergie efficients observés actuellement d’une part, et l'inefficacité des politiques énergétiques mises en oeuvre à prendre en compte les préoccupations énergétiques des populations pauvres d’autre part.
Pauvreté et pratiques énergétiques :
Aux Comores comme dans la plupart des pays africains, l'approvisionnement en énergie du milieu rural reste pour plus de 80% tiré de la biomasse, avec des rendements très faibles. Les résultats de nombreuses enquêtes et études dans les pays en développement ont montré que :
- pour un même service énergétique, les pauvres paient plus que les autres: un éclairage au kérosène est 35à 40 fois moins efficace qu'un éclairage avec un tube néon. Ne parlons pas de l'efficacité des foyers de cuisson à bois par rapport aux réchauds à pétrole et aux cuisinières à gaz. En effet, pour la cuisson, par exemple, le rendement des premiers est cinq à huit fois inférieur à celui du gaz.
- les pauvres dépensent proportionnellement plus pour un même service énergétique que les autres. Un coût de service de base trop élevé accroît la part du produit et du service dans les dépenses d'un ménage et diminue d'autant la part consacrée aux autres consommations indispensables (santé, nourriture, éducation, etc.). Quand on constate que pour les plus pauvres -moins de 7$ de revenu par personne et par mois -l'énergie représente plus de 20% des dépenses on perçoit que la couverture des besoins élémentaires en énergie est une ponction difficilement supportable -notons que pour un revenu de 216 $ par personne et par mois, la part des dépenses énergétiques est de l'ordre de 5%.
En l’absence d’études similaires aux Comores, nous pouvons admettre que ces résultats sont aussi valables ici.
L'état actuel du système électrique comorien laisse peu d'espoir de voir les populations rurales accéder rapidement à la satisfaction des besoins que procure l'électricité. Tout concourt donc dans le domaine de l'énergie à faire perdurer la situation d'exclusion des pauvres et même à aggraver leurs conditions. Le processus de déforestation entraîne la dégradation constante de leur environnement. Au total entre 1950 et 1993, l’étendue des forêts naturelles, sur l’ensemble des trois îles des Comores, serait passée de 31.000 ha à environ 800ha. Soit une régression de plus de 500 ha par an.
Quant à la diffusion des équipements photovoltaïques, elle repose, pour partie, sur l'évaluation de la contribution monétaire possible des populations (généralement par mois) afin d'établir les modalités de vente à crédit de ces équipements, ce qui exclut le plus souvent les couches pauvres du bénéfice de cette diffusion.
Place du secteur énergétique dans l’économie nationale
La situation énergétique aux Comores est caractérisée par une étroite dépendance à l'égard de deux sources d'énergie classique que sont les combustibles ligneux de production locale (71% des besoins d'énergie) et les produits pétroliers couvrent 29% des besoins énergétiques sous forme de transformation en électricité ou directement comme carburant dans le secteur des transports.
Bien que le potentiel hydraulique semble relativement important (5635 KW à Ndzuwani et 893 à Mwali), sa valorisation sous forme hydroélectrique est marginale (100 KW).
La consommation totale d'énergies par habitant est d'environ 0,2 tep. La consommation d'électricité par habitant s'est stabilisée après avoir connu une forte progression dans la décennie 1980-1990.
Les transports absorbent environ 43% des produits pétroliers, le résidentiel-tertiaire et l'industrie se partageant l'autre moitié. Le secteur commercial, les services et les ménages sont les principaux consommateurs d'électricité.







